Que se passe-t-il réellement quand quelqu’un demande pardon, ou pire encore, quand il dit à quelqu’un d’autre « Je te pardonne »?

Il blesse l’autre – peu importe ce que cela peut être – et ensuite il demande à l’autre de lui pardonner.

Présumons que le partenaire ou la partenaire dise alors: « Je te pardonne. » D’après vous, comment va être l’avenir de cette relation? Sera-t-il meilleur? Sera-t-il moins bon?

Quand on dit à quelqu’un « Je te pardonne » on se comporte de façon condescendante. On rabaisse le partenaire coupable. Le ou la coupable ne sera plus jamais sur un pied d’égalité avec l’autre. Nous avons là un moyen sûr pour mettre fin à une relation.

Le concept du pardon est basé sur l’idée implicite qu’un être humain a le droit d’enlever à un autre sa culpabilité. D’où tiendrait-il le droit de faire une telle chose?

Ce qu’on doit considérer également: quand une personne qui s’est rendue coupable reconnaît sa culpabilité et prend sur elle les conséquences de cette culpabilité, elle gagne, à travers cela, en force, en dignité et en poids. L’acquiescement aux conséquences de sa propre culpabilité donne de la force – une force de faire le bien d’une manière tout autre que quelqu’un qui ne s’est jamais rendu coupable. Le poids d’une personne innocente est faible; ceux qui se sont rendus coupables par contre ont du poids.

Si je disais à quelqu’un « Je te pardonne » et qu’il acceptait mon pardon, le coupable perdrait cette force qui est inhérente à la culpabilité personnelle et il perdrait aussi la force de diriger ses efforts désormais vers le bien.

Bert Hellinger
Extrait de la Revue Hellinger