L’amour pur unit sans unir, sépare sans séparer.
Il est, simplement.

Combien pur est notre cœur ?
Il l’est dans la mesure où nous libérons chaque personne avec laquelle nous sommes en contact, en particulier celles qui nous sont proches. Nous les libérons et les laissons aller vers d’autres personnes : vers leurs parents, vers leur partenaire, vers leurs enfants, vers leur destin.
Quel effet cela aurait-il ? La personne sera libérée de nous. Elle sera libre de nos désirs et de nos attentes, libre de nos inquiétudes, libre de nos pensées, libre de nos jugements et de notre destin.
Nous aussi serons libre. Libre de ses désirs et de ses attentes, libre de ses préoccupations, libre de ses pensées, libre de son jugement et de son destin. Nous serons également libéré de sa culpabilité pour ce qu’elle, peut-être, a pu nous faire.
Et inversement, la personne sera également libérée de notre culpabilité pour ce que nous avons pu lui causer et lui faire. Et nous serons tous deux libérés de nos exigences l’un envers l’autre : elle de la mienne et moi de la sienne.
Serons-nous alors insensibles, manquerons-nous alors d’amour ? Au contraire. Le cœur pur ressent avec force. Le cœur pur aime avec pureté. Dans ce cas, la pureté signifie la concordance avec notre origine ultime, la sienne et la mienne. Être pur comme l’amour des origines, si on peut parler d’amour ici. Cet amour signifie aimer l’autre tel qu’il est. C’est l’amour originel et aussi ultime.
Ainsi l’amour pur, et aussi la joie pure : il unit sans unir et sépare sans séparer. Il est, tout simplement.
Cependant, le cœur pur connaît sa dépendance à l’égard des autres et l’accepte, connaît la dépendance des autres à son égard et l’accepte. En ce sens aussi, le cœur est pur. »

Histoires d’amour. Réflexions
Bert Hellinger