Conférences didactiques de Bert Hellinger
Barcelone, 1- 2- 3- 4 mars 2007

Il s’agit d’une formation au cours de laquelle je vais vous montrer comment ce travail est effectué. Lorsque je travaille sur des cas personnels, je ne peux pas dire tout ce que je vois, afin de protéger le client. Pour les cas de supervision, je peux faire des commentaires.
Je suis heureux d’être de retour à Barcelone après tant d’années, et en vous voyant tous ici, j’ai le sentiment que du bon travail a été fait. Je me sens très proche de vous tous.

Commençons par de la musique. Avec la musique, nous vibrons tous, avec ce quelque chose de plus grand qui remonte à la surface à travers elle, quelque chose de spirituel vient ici à la lumière.

Tout au long du cours, nous entrerons dans un mouvement de l’esprit, en résonance avec les mouvements de l’esprit. C’est ainsi que les constellations familiales ont évolué et se sont développées. Je vais vous le montrer ici et en même temps je vous prendrai par la main au travers des constellations. Nous n’allons pas seulement travailler des thèmes, nous n’allons pas seulement aider les autres, nous allons aussi entrer dans un mouvement d’amour, amour pour tous comme ils sont et pour tout comme c’est. Tel est l’amour de l’esprit : il ne fait aucune différence entre le bien et le mal, entre le meilleur et le pire. Grâce à ce mouvement, nous nous développerons au-delà de nos propres limites, et il en sera de même pour ceux que nous aidons.

Je vous dirai quelque chose sur les mouvements de l’Esprit et ensuite je vous le montrerai. Je vous emmènerai à travers ce qui est perçu dans les constellations et vous montrerai la position dans laquelle nous devrions être pendant celles-ci et la façon de procéder.
A la fin de ce cours, chacun saura comment s’accorder avec les constellations de l’esprit.

Nous devons d’abord procéder à quelques réflexions philosophiques
Nous vivons, de manière très large, par rapport à nos propres images intérieures, qui limitent souvent notre perception et notre travail. La philosophie laisse ces images derrière elle, par exemple des images de paix totale ou d’un monde juste, ou des images de gens qui vont bien et de gens qui vont mal, qui nous conduisent à l’envie et nous empêchent d’être en accord avec tout ce qui est, tel que c’est.

La manière de penser, celle de ce travail, est pure, elle renonce à toutes ces images et demeure fondamentalement avec ce qui est, avec ce qui peut être pensé.

Tout « ce qui est » est porteur d’un mouvement. D’où vient ce mouvement ? De ce qui est vraiment, ou de l’extérieur ? Tout mouvement vient de l’extérieur, et tout mouvement tel qu’il est pensé, par qui est-il pensé ? Est-ce que quelque chose peut exister sans avoir été pensé ? Tout ce qui bouge a été pensé, selon la façon dont cela bouge. Derrière tout ce qui bouge et fonctionne se trouve « ce qui pense ». Nous l’appelons ESPRIT. Mais ce n’est qu’un mot qui ne dit rien. Ce qui fonctionne en réalité ne peut être nommé. Lorsque nous parlons de mouvements de l’esprit, nous ne voulons pas dire quelque chose de palpable.

Aristote affirmait que « tout ce qui est a été pensé ». Cet esprit qui a tout pensé tel que c’est, est en accord avec tout ce qu’il meut. Il ne peut pas ne pas être en accord avec tout ce qu’il a pensé et mis en mouvement.

Nous résonnons avec lui lorsque nous entrons dans la même direction de mouvement, mouvement d’amour et d’unité avec tout ce qui est « tel que c’est ». Cela signifie beaucoup pour notre travail. Ressentons-nous de la pitié ou de la compassion pour quelqu’un ? Lorsque c’est le cas, nous accusons l’esprit et son mouvement. Lorsque nous regrettons ce que nous avons fait, nous ne voyons pas les mouvements de cet esprit.

Les mouvements de l’esprit se manifestent à travers ce travail. Qui fait bouger un représentant ? C’est un mouvement de l’esprit. Si nous n’intervenons pas, nous ne faisons que permettre au mouvement de se produire. Puis, le mouvement de l’esprit rassemble ce qui est séparé. Tous les problèmes naissent de la séparation, de l’exclusion d’autres personnes ou de parties de nous-mêmes. Alors nous sommes séparés et nous brisons notre mouvement de l’esprit. Le mouvement de l’esprit unit le séparé, et lorsque nous trouvons ce qui est séparé, le bonheur est atteint. C’est le bonheur et la chance qui demeurent. C’est le thème du séminaire.

Supervision des cas

Cas 1
Lorsque quelqu’un présente un cas, pour exprimer le problème, il ne devrait pas y avoir plus de trois phrases et c’est mieux s’il n’y a qu’une seule phrase. Tout ce que l’on dit d’autre sur le problème est une image interne qui n’est pas en accord avec les mouvements de l’esprit.

Celui qui n’est pas capable d’énoncer son problème, n’a pas de problème, et surtout ne veut rien faire.

Participant : une jeune fille de onze ans qui rejette sa mère.

La fille est séparée de sa mère, elles ne peuvent pas être ensemble. C’est avec ce fait que nous allons travailler.
Nous prenons un représentant pour l’enfant, qui se centrera et bougera à partir de son intérieur, et nous recevrons les informations les plus importantes à partir de là, qui nous indiqueront ce que nous allons faire ensuite. Ces mouvements sont généralement très lents. Une personne qui n’est pas centrée se déplace rapidement. Les représentants ne regardent pas le thérapeute et ne devraient pas parler.

La représentante ( R ) de la jeune fille bouge beaucoup sa main droite et tout son bras, pleure, se tourne vers la gauche et se jette sur le sol. Elle nous montre que ce n’est pas un problème de l’enfant, car il est trop grand pour elle.

Hellinger place une personne devant l’enfant pour la mère, qui ne regarde pas l’enfant, qui regarde le sol puis lui tourne le dos. Elle nous montre comment elle se détourne d’un mort. Maintenant, il place une morte sur le sol devant la mère. La mère la regarde. Maintenant, la jeune fille se calme et regarde sa mère.
La fille dit à sa mère : « S’il te plaît ».

La mère se retourne, la morte regarde dans une autre direction, vers une autre personne. Voici le problème. Hellinger place cette personne. La femme morte se met à trembler comme l’enfant au début.

Maintenant, Hellinger place la mère avec le dos tourné à ce à quoi elle est systémiquement intriquée. Alors les morts se regardent l’un l’autre.

Hellinger prend l’enfant et l’amène devant sa mère ; elles s’embrassent, l’enfant pleure.
La mère morte prend son enfant et aussi le vivant.
La mère dit à la fille : « Maintenant, je reste ».
Alors la fille peut embrasser sa mère.
La fille dit à la mère : « S’il te plaît, mère, tiens-moi pour que je puisse rester » « Maintenant je reste comme la petite, tu es la grande » « Tiens-moi comme ma mère » « Je reste seulement comme ta fille ».
Maintenant, la fille s’agenouille devant sa mère.
A présent, l’ordre de l’amour est juste. A présent, tout est en ordre.

Lorsque quelqu’un tourne en cercles, cela indique une culpabilité, tout comme le tremblement de la main. Mais une fille de onze ans ne peut pas être coupable. La mère a regardé le sol, une personne morte, et celle-ci a détourné la tête et ne la regardait plus, indiquant qu’elle n’avait rien à voir avec elle. Cette autre personne a une expression de colère meurtrière et devant elle la personne morte tremble. Bert Hellinger retire la mère de là parce que ça n’a rien à voir avec elle.

Lorsque la femme morte a tendu les bras, l’autre personne s’est dirigée vers elle. C’est le meurtre d’un enfant.

Ce que la fille a ressenti, c’est l’énergie meurtrière et la peur en même temps (mouvement schizophrénique) comme la femme morte. La mère voulait mourir. La fille a senti que sa mère voulait mourir pour son ancêtre et dit : « Je mourrai à ta place ». La fille se place ainsi au-dessus de sa mère. Quand la mère dit « je reste », la fille reste aussi.
Quand le meurtrier et la victime se prennent par la main, c’est un mouvement de l’esprit. Ils deviennent alors égaux, il n’y a plus de différence.

Cas 2
Participant: Parents avec un fils de 15 ans qui se fait caca dessus et a un comportement autodestructeur.

Hellinger prend comme représentant de l’enfant le thérapeute qui présente le cas. Il sort, regarde le sol et dit : « Moi aussi ».

Hellinger place trois personnes mortes sur le sol devant lui.
L’enfant s’éloigne d’eux et continue de les regarder. Les deux premières personnes mortes se tiennent la main et la troisième regarde ailleurs. Hellinger place quelqu’un dans cette direction : c’est un homme. C’est l’agresseur. Les morts s’éloignent de lui. L’homme mort au milieu tremble.

Maintenant, il place un autre homme. Le garçon le regarde, s’éloigne de lui et continue à regarder le mort. C’est celui à cause duquel il fait caca dans son pantalon. Cet homme regarde le garçon.

Maintenant l’agresseur dit à cet homme « nous gagnons ». Ses poings sont serrés.

Hellinger dit au garçon de s’allonger entre les victimes et lui demande s’il se sent mieux ou moins bien. Le garçon se sent mieux, il a moins peur.
Puis le garçon dit aux victimes : « Moi aussi »

À ce moment-là, le deuxième homme s’adoucit et ne cesse de regarder.

L’enfant allongé dit à l’agresseur « c’est fini », puis l’agresseur lève les yeux et commence à se retourner lentement, jusqu’à être sur le dos. Les victimes se tiennent la main. L’agresseur se met à genoux, en honorant. Une des victimes le touche et le prend.

Hellinger relève l’enfant et le place devant le deuxième homme.
Le garçon dit : « Moi comme toi », « moi aussi ». Ils se regardent et s’approchent l’un de l’autre. Le garçon s’assied en face de lui et le regarde. L’homme lui touche la tête.

Hellinger : c’est fini. Nous le laissons ici. C’est la guerre civile espagnole. L’enfant représente les meurtriers et les victimes, comme le meurtrier principal.

Parler immédiatement de la constellation que nous venons de faire n’est pas bon. Si nous ne le faisons pas, nous restons en accord avec l’esprit et nous nous mettons dans une position humble, à la dernière place.

Nous croyons parfois que nous sommes indépendants, libres, autonomes et que nous pouvons décider de notre propre destin. Nous sommes tous liés au destin des autres, de l’humanité entière. Toutes les personnes qui ont eu à faire avec nous vivent en nous et, grâce à leurs souffrances, nous avons appris, et elles ont résolu des problèmes que nous n’avons plus besoin de résoudre.
Notre vie a un début et une fin, mais avant elle, il y avait quelque chose, et après elle, il y aura toujours quelque chose. Il y avait aussi quelque chose de nous là-bas et il restera quelque chose de nous lorsque nous ne serons plus là.

Cas 3
La première chose que le thérapeute doit faire est d’entrer en résonance avec le client, sans se précipiter.

Hellinger dit au thérapeute qui se tient à côté de lui : ferme les yeux, imagine ton client et retire-toi de lui. Le thérapeute doit être capable de garder le contrôle.

Qui est ton client ?
Participante : femme de 42 ans ayant une faible estime d’elle-même, bloquant sa vie.

Hellinger : c’est le patient typique qui ne veut rien faire. Nous ne pouvons pas l’assumer nous. Si elle voulait changer sa vie, elle ne le ferait pas de cette façon. Si quelqu’un me dit : aide-moi, qu’est-ce que je peux faire ?, cette personne ne veut rien faire. Nous ne pouvons pas faire plus dans ce cas et je ne me stresse pas à ce sujet.

Maintenant, je vais travailler avec la thérapeute. Elle ne me respecte pas, elle ne respecte pas sa mère, donc elle ne peut pas respecter son client. Elle est arrogante avec sa mère, avec son client et avec moi. Sa mère a une place dans mon cœur.

Pourquoi devient-on thérapeute ? S’ils pensent que c’est pour aider les autres, ils ne peuvent pas réussir, car ils défient leur mère, ils restent dans leur Enfant et ont une attitude arrogante. Elle n’a pas réussi à aider sa mère et cherche donc quelqu’un qui a besoin d’aide pour l’aider, si c’est possible. Elle travaille dur et s’épuise, mais ne réussit pas.

Tout échoue lorsque l’ordre fondamental dans les relations parents-enfants, couple, travail et peuples n’est pas respecté.

Prenons comme exemple quelque chose de lointain, pas un conflit personnel, le conflit entre Juifs et Arabes.

Ce conflit est dû à la rupture d’un ordre fondamental, qui a commencé avec Abraham. Sa femme Sarah ne pouvait pas lui donner d’enfants et lui dit : « Prends ma servante et fais des enfants avec elle ». Abraham a eu un fils avec cette esclave : Ismaël. Sarah a alors demandé à Dieu de concevoir un fils et elle est tombée enceinte. Elle a ensuite dit à Abraham d’envoyer la servante et son fils dans le désert, ce qu’il a fait.
Dieu dit alors à Abraham : « Ne t’inquiète pas, les enfants de ton fils seront un grand peuple ». Ismaël est le père des Arabes. Et Isaac, le fils de Sarah, le père des Juifs. Pour résoudre le conflit, les Israéliens doivent dire aux Arabes « vous êtes les premiers et nous en deuxième place ».

En Amérique du Sud aussi, les ordres fondamentaux n’ont pas été respectés. Mais je ne vais pas m’étendre sur ce sujet maintenant.

Un exemple commercial de cette situation est le cas de BMW, qui a acheté Robert en Angleterre. Par la suite, elle a enregistré des pertes de plusieurs millions et a fini par vendre Robert pour un euro. Et tant d’entreprises qui ne respectent pas l’ordre fondamental ont beaucoup de pertes et de gros conflits, et font même faillite.

Que disent ces ordres ?
Notre conscience collective suit deux ordres fondamentaux :

– Les ordres de vie
– Les ordres d’amour

Quelle est la pensée autonome ?: je suis le premier et l’autre vient après moi.
Les règles de la conscience collective, en revanche, sont que tout le monde a le même droit d’appartenance. Si on exclut quelqu’un en disant : « Je suis le premier et tu dois partir », plus tard, quelqu’un de la famille, du système, représentera l’exclu.

Celui qui est arrivé en premier est devant celui qui est venu plus tard. Le premier a la priorité sur le second. Si cet ordre n’est pas respecté, il y aura échec. Dans les familles, cet ordre est souvent brisé par les enfants, lorsqu’ils veulent sauver les parents. Ils ne se rendent pas compte qu’ils enfreignent l’ordre, parce qu’ils le font par amour, par amour infantile, qui est très dangereux, le plus dangereux de tous, parce qu’il va jusqu’à la limite, jusqu’à dire : « Je meurs à ta place, je veux mourir ».
Toutes les grandes tragédies se produisent en conséquence d’avoir altéré les ordres fondamentaux. Chaque héros d’une tragédie est un enfant. A la fin des tragédies apparaît toujours un dieu qui rétablit l’ordre.

Les thérapeutes blessent souvent l’ordre fondamental et logiquement échouent.

Maintenant, la cliente a décidé de rétablir l’ordre dans son cas. Hellinger la fait sortir et la place devant une personne représentant sa mère. Il y a deux morts entre elles. Les mains de la fille bougent et se referment. Elle s’allonge sur le premier mort et la mère se déplace vers le deuxième mort, bouge ses mains, rebondit et secoue sa tête. La mère est attirée par un mort et la fille le fait à sa place. En brisant l’ordre, ils finissent tous par mourir. Dans ce cas, le thérapeute doit dire : « Ce cas est trop lourd pour moi ». Et alors, le thérapeute et le client sont libérés.

Cas 4
Imagine que ton client est lié à tous les membres de sa famille : parents, frères et sœurs, partenaire, enfants, et que tu es lié de la même manière à chacun d’entre eux, et donc que chacun aura une place dans ton cœur. Et tu es déjà dans une position différente de celle que tu avais au début. En ce moment, tu es en accord avec l’esprit, sans te soucier d’eux du tout. Tu sais que tu es bien guidée. C’est un bon exercice.

Qui est ton client ?
Participante : Famille dans laquelle les enfants ont des peurs : l’aîné souffre de phobie sociale et le second, âgé de 18 ans, est psychotique, violent, souffre et ne veut pas avoir de relations avec les autres. Le plus jeune, âgé de 7 ans, a lui aussi déjà des peurs.

Il s’agit d’une famille psychotique dans laquelle tout le monde est psychotique ou a peur de le devenir.

Le grand-père maternel était psychotique ainsi qu’un oncle du père. Comme il existe des symptômes psychotiques dans les deux branches, il est important d’examiner les deux côtés, d’abord une famille, puis l’autre. Nous choisissons quelqu’un pour représenter le père et la mère et nous les plaçons face à face, pour voir lequel des deux systèmes est le plus chargé.

Nous avons aussi placé quelqu’un pour le fils psychotique de 18 ans.
Le père serre les poings (énergie meurtrière) et baisse la tête. Il ressent la peur et cette peur exprime l’énergie meurtrière. A partir de cette peur, il devient une victime et possède ainsi en lui les deux énergies, l’agressivité et la peur, celle de l’agresseur et celle de la victime. D’où la psychose. Mais cela ne lui appartient pas, car il n’a tué personne.

Devant le fils, la mère s’appuie sur son côté droit et se penche jusqu’à tomber au sol. C’est aussi systémique pour elle. Hellinger fait se tourner le fils, qui enfin décroise ses mains.

Il place le père de la mère. Son poing droit est serré et ses bras sont ouverts. Maintenant, il place une victime en face de lui. C’est une femme, qui a aussi le bras tendu et le poing serré. Hellinger détourne maintenant la mère, à partir de cette situation. Le fils se bouche les oreilles pour ne pas entendre la victime féminine. Hellinger détourne également le grand-père et le lève. Il sort un autre homme, l’auteur du crime. Il prend le fils et le met en face de cet homme, qui est en face de la victime. Le fils dit à l’agresseur : « S’il te plaît ». Maintenant l’homme regarde sa victime.

Ce s’il te plaît est un symbole d’amour et ce n’est que lorsque l’agresseur peut être aimé qu’il peut se retourner. Maintenant, l’agresseur s’agenouille devant sa victime et les deux se tiennent la main. C’est un mouvement de l’esprit, qui unit ce qui était séparé. La femme victime a fermé les yeux, elle est maintenant en paix. Le fils va maintenant mieux. La mère et le grand-père regardent l’auteur du crime. Ils doivent les prendre tous les deux en même temps et de la même manière dans leur cœur. Ils doivent les regarder avec amour.

Maintenant, Hellinger place la mère devant son enfant et le grand-père derrière la mère. Dans un mouvement lent, ils s’approchent l’un de l’autre, jusqu’à s’embrasser. La mère a encore de l’énergie meurtrière en elle et n’ose pas encore prendre son fils dans ses bras, de peur de le blesser. La mère dit au fils : « Merci » « Tu l’as porté pour moi ».

Hellinger place le grand-père derrière le fils et ce dernier dit à la mère : « Merci ».
La victime et l’agresseur sont allongés ensemble sur le sol.
La mère n’ose toujours pas prendre son fils dans ses bras. Ensuite, son père se tient derrière elle et la tient par derrière, puis la fille peut commencer à toucher son fils. Le grand-père caresse aussi le petit-fils.
Les mouvements de l’esprit sont longs. La guérison est lente.

Après un crime, il y a souvent de la schizophrénie dans chaque génération. Dans chaque génération, l’un d’entre eux porte les symptômes et de cette façon, les autres sont protégés. Tous les membres de la famille en profitent et c’est pourquoi ils se serrent souvent les coudes contre la guérison. Il est nécessaire d’entrainer toute la famille pour la guérison.

Dans les familles des psychiatres, il y a souvent des meurtres. Les patients sauvent les psychiatres de leur propre psychose et les psychiatres s’efforcent de ne pas guérir leurs patients. Si vous regardez l’histoire de la psychiatrie, vous verrez les choses terribles que les psychiatres ont fait à leurs patients : électrochocs, camisoles de force, ouvertures du crâne. Il y a beaucoup d’énergie meurtrière ici. Cela a évolué et aujourd’hui ce sont les médicaments qui sauvent en quelque sorte les psychiatres de leur agression médicale.

Raconte à la famille ce qui s’est passé ici et ne fais rien d’autre. Laisse ceci se dérouler pendant un certain temps, car ces processus nécessitent beaucoup de temps. Pour l’instant, nous n’avons pas tenu compte du père parce que c’est avec la mère qu’il y avait le poids le plus lourd, et si cela commence à se résoudre, le reste peut aussi se mettre en mouvement.

Lorsque nous en voulons à ceux qui ont fait du tort à un client, lorsque nous prenons parti contre quelqu’un, nous devenons une victime du client et le client sera heureux. Tout ressentiment est porteur d’une énergie meurtrière, ce n’est pas de l’amour.

Le bégaiement s’apparente à la schizophrénie, un lien avec un agresseur et sa victime, qui n’ont pas réussi à se retrouver. Cela se produit également dans d’autres problèmes du language.
Nous avons l’exemple d’un enfant qui avalait les syllabes avec « n ». Cela nous indique que quelqu’un a disparu. Le grand-père de l’enfant était dans la Légion Étrangère, où, sans doute, il va tuer et mourir. Parmi les victimes du grand-père se trouvait une femme. Entre eux, il y avait beaucoup d’amour. Dans la constellation, ils s’embrassaient profondément. Il y avait un enfant de ce couple, une fille. Il fallait placer l’enfant avec cette petite fille, son « n » était cette personne manquante.

Quelque chose de similaire se produit avec l’autisme.
Mais dans tous ces cas, il y a plusieurs couches, niveaux et influences en même temps.

Ce genre de travail, qui se fait avec l’esprit, ne peut nuire à personne, car il est au service de l’amour.

La plus grande difficulté dans tout cela réside dans la « conscience », qui s’oppose toujours aux solutions. La conscience maintient un groupe uni, tous ceux qui se sentent liés sont unis dans une conscience collective, par exemple la conscience catholique ou la conscience musulmane. C’est pourquoi certains catholiques s’appellent mutuellement frères en Christ. Si nous respectons cela et l’honorons, nous ne les attaquons pas. Même les groupes de travail ont une conscience de groupe : médecins, avocats, militaires, etc. Si nous n’avons pas cette même conscience, nous serons exclus par eux. Ils sont piégés dans un « champ morphique » dont la pensée collective permet certaines choses et pas d’autres. L’appartenance à un champ peut faire que ses membres ne soient pas « autorisés » à entendre d’autres choses, et même s’ils les entendent, ils ne les comprendront pas.

Se séparer d’une conscience de groupe à laquelle on a appartenu fait peur. Cette peur permet d’éviter la jalousie que peut susciter le fait qu’on s’éloigne du groupe.

Ceux qui évoluent avec les mouvements de l’esprit n’ont pas besoin de ces groupes, de ces consciences, parce que le mouvement de l’esprit conduit vers les autres, et les choses arrivent au bon moment.

Lorsque les gens viennent aux constellations à partir de ces groupes (médecins, avocats, etc.), c’est bien. Tout le monde n’a pas besoin d’apprendre les constellations familiales. Lorsqu’ils retournent dans leur domaine, où ils ne sont pas une menace pour le reste du groupe, s’ils montrent progressivement des choses et le font avec amour, le groupe commencera lentement à s’y intéresser, et ils ne verront plus ce travail comme une menace.

Lorsque nous sommes dans les mouvements de l’esprit, nous ne nous sentons pas meilleurs que les autres et les autres ne nous considèrent pas comme une menace.

Apprenez, intériorisez cela, et vous l’utiliserez au bon moment, lorsque les circonstances le permettront et vous le demanderont.

Cas 5
Participant: femme de 45 ans souffrant d’arythmies cardiaques, fibrillation ventriculaire, depuis longtemps.

Quand le cœur bat calmement, c’est quand tout va bien pour tout le monde. Sur le Mont Everest, le cœur ne bat pas bien, et il est nécessaire de redescendre de la montagne pour calmer le cœur. Les inquiétudes affectent le cœur.

Lorsque nous nous laissons conduire par les mouvements de l’esprit, nous apprivoisons les vices, car l’esprit ne permet rien contre les mouvements de l’amour.

Quand j’étais au Japon, on m’a dit qu’il y avait un million d’hommes qui ne sortaient plus de chez eux. J’ai commencé à réfléchir à ce que je pouvais faire à ce sujet. Puis je me suis senti au plus bas et j’ai commencé à avoir des tachycardies : où est-ce que je me trompais ? Les palpitations étaient un apprivoisement par l’esprit. Je ne pouvais rien faire pour tant de personnes. Quand j’ai renoncé à faire quoi que ce soit, les palpitations ont disparu.

La hâte intérieure, l’agitation, la jalousie, tout cela fait que l’esprit commence à nous domestiquer. Nous devons alors nous recueillir et nous interroger : à quel moment nous sommes-nous éloignés des mouvements de l’esprit, qui avons-nous rejeté, ou qu’avons-nous rejeté de nous-mêmes ? En reconnaissant cela, nous retournons à l’esprit.

Celui qui est très fatigué a perdu l’amour. Dans l’amour il y a beaucoup de force.

Hellinger fait sortir un représentant pour son client. Elle a sa main droite sur sa poitrine et elle est en colère, elle exclut quelqu’un de son cœur. Elle tremble et recule. Hellinger place une autre femme devant elle. Elles se regardent l’une l’autre. La cliente a du mal à garder les yeux ouverts. Elle s’approche lentement de l’autre femme, qui pleure. Finalement, elles s’embrassent. C’est la mère. Maintenant, son cœur bat calmement.

La cliente est séparée de sa mère et cela ne fait pas de bien à son cœur. La première chose à faire est de donner à sa mère une place dans mon cœur.
Souvenons-nous que nous recevons toujours les clients dont nous avons besoin pour notre propre guérison.
De nombreux problèmes surviennent parce que la mère ne peut pas être acceptée. Lorsque la mère prend sa place et que son amour est vu et reconnu, de nombreux problèmes se résolvent.

Celui qui est en résonance avec les mouvements de l’esprit aura une réponse qui vient de l’intérieur et c’est elle qui agit, qui travaille. S’il n’y a pas de questions et pas de réponses, l’image agira et c’est là que réside le mouvement de l’esprit. Si nous disons quoi que ce soit à ce sujet, nous nous immisçons.

Cas 6
Participant: c’est une femme de 40 ans, séparée, avec des problèmes relationnels. Elle vit très près de son ex-mari.

Elle a besoin d’être consolée. Elle n’a pas besoin de plus. La thérapeute se sent jalouse. Le mari doit venir à la constellation. À ce moment-là, la thérapeute aura le contrôle que la cliente a maintenant.

Si la thérapeute tombe dans le jeu de la cliente, qu’arrive-t-il à l’homme ? Quels que soient les besoins de la cliente, l’homme se mettra en colère. La thérapeute ne peut pas s’impliquer car elle exclut alors l’homme.

Avec la femme, le problème est clair : elle n’a aucune relation avec sa propre mère. C’est toujours le même problème.

Cas 7
Participant: un transsexuel, qui est né homme et se sent femme.

Et alors ?
La thérapeute a pitié de l’homme et considère ce que vit son client comme moins humain que l’autre, elle ne voit pas la transsexualité comme quelque chose d’humain, et qui arrive souvent. Cet homme aussi pense sûrement que quelque chose ne va pas. Il doit s’accepter tel qu’il est, et la thérapeute doit lui faire comprendre qu’il ne peut pas être différent de ce qu’il est, et que c’est bien comme ça.

La thérapeute doit dire à cet homme : « Moi aussi, j’ai secrètement eu ce genre de pensées ». À ce moment-là, l’ordre sera rétabli et cela fonctionnera.

Si nous considérons et ressentons que l’esprit est à l’œuvre en toute chose, nous comprendrons que rien ne peut être différent de ce que c’est. Chaque destin a son exigence. Si l’homme le voit ainsi, il aura beaucoup de force. C’est là l’aide que nous pouvons lui apporter et nous, à ce moment-là, nous serons libres.
L’esprit est également à l’œuvre dans les agresseurs et leurs victimes. Il y a beaucoup de résistance pour accepter cela, et cela exige beaucoup.

Il y a un homme qui joue avec des prisonniers et des schizophrènes. Quand il fait cela, il dit que « je ne vois en eux que l’image de Dieu ». Les prisonniers et les schizophrènes vont mieux. C’est cela être en accord avec l’esprit. Le jeu, dans ce cas, consiste à respecter chacun tel qu’il est, et le mouvement consiste à ce que chacun se trouve lui-même.
Les constellations sont aussi des jeux de l’amour.

Cas 8
Participant: Une femme de 44 ans qui dit : « Je n’en peux plus, je jette l’éponge » avec son fils de 19 ans qui n’étudie pas, qui est désaxé et qui prend du haschisch. Elle est très inquiète pour lui.

Hellinger choisit un représentant pour la mère et un autre pour le père. Il place les parents face à face et le fils au milieu. La mère serre les poings et remue les doigts. Le mari s’approche d’elle.

Hellinger fait venir un autre homme. La mère le regarde avec insistance. Le père se sent alors exclu et détourne le regard au loin. Le fils se place devant le père.

Le fils doit aller chez le père, avec lequel il est en sécurité. Mais il ne peut pas le faire. Le fils se sent tomber. Alors Hellinger place un homme mort entre les deux, et le père et le fils le regardent. Le fils rit avec lui, c’est son frère. Hellinger place deux fils vivants à proximité. Le plus âgé s’allonge sur le plus jeune, qui se touche le cœur. Il place le mort entre les deux, et celui-ci regarde ses frères en souriant. Le grand frère le regarde beaucoup. Le père se tient à côté de ses fils. Un autre frère manque, l’aîné de tous. Ne le prenant pas en considération, le frère aîné des vivants n’est pas à sa place et ne sait pas quoi faire.

Ce travail nous conduit à la concordance avec quelque chose de plus grand, et cela nous rend sages, et même si nous ne nous en rendons pas compte, nous l’avons et il agit dans notre âme.

Les preneurs de notes veulent en prendre conscience, mais ce faisant, ils perdent la concordance et cela ne leur sert à rien. C’est comme celui qui assiste à un banquet et qui, au lieu de manger les mets délicats, copie les recettes.

L’agression est toujours orientée vers la mort. Agressivité contre la mort par peur de perdre les parents. Il y a beaucoup d’agressivité, par exemple, chez les fumeurs qui disent à la mort : « Je vais te vaincre ».

Nous devons apprendre à faire confiance aux mouvements de l’esprit. Cela met notre patience à l’épreuve, et c’est une épreuve difficile pour les clients et les facilitateurs.

Vibrer, se laisser porter, c’est comme ça que ça marche.
Quand quelqu’un est bien avec sa mère, cela se voit sur son visage, qui devient brillant.
Le fils dit au père : « Je fais tout pour toi ».

Les bons excluent quelque chose. Les moralistes excluent quelque chose. Celui qui exclut quelque chose ou quelqu’un devient exactement comme ce qu’il exclut. Il y a une justice qui est au-dessus de tout ça. Ceux qui se sentent injustement traités excluent celui qui les a maltraités et se comportent injustement à son égard.

« Ce que nous excluons, nous le devenons ». Nous sommes devenus ce que nous excluons lorsque nous devenons jaloux.

Quand un homme dit qu’il est déçu par sa femme, il est en fait déçu par sa mère.

Cas 9
Client : femme avec un fils agoraphobe et une fille psychotique. Ils sont jumeaux.
La mère adoptive de la femme était schizophrène.

Chez les enfants adoptés, la schizophrénie est deux fois plus fréquente que chez les autres enfants.
Hellinger place quelqu’un pour la femme, pour les jumeaux et pour la mère adoptive.
La mère adoptive a le poing gauche serré et la main droite sur la poitrine. Elle se penche et se plie en deux et se plaint beaucoup. La femme ne veut pas voir ça. Elle se détourne, s’assoit et se tient la tête entre les mains.

Le pied droit de la mère adoptive commence à taper le sol. Les jumeaux regardent ce mouvement et la grand-mère. La sœur regarde le frère et le frère regarde la grand-mère. Maintenant ils se regardent l’un l’autre et le garçon regarde la mère et la sœur aussi. Le garçon dit à la grand-mère : « merci ».

La mère adoptive se met à trembler, se penche et crie beaucoup devant un homme mort : son jumeau. La fille adoptive suit.
Maintenant, les jumeaux se regardent et se sourient affectueusement. La mère schizophrène s’allonge avec son jumeau mort, en paix, et le jumeau vivant se retourne.
La femme dit à sa fille : « tout a été payé ».
Maintenant, ils s’embrassent tous les trois, la femme et ses fils jumeaux.

L’image que j’ai eue : la mère des jumeaux a payé le prix de son adoption, elle a pris quelque chose qui venait de cet endroit et l’a payé de sa vie, de sa schizophrénie. Les parents adoptifs ont besoin de quelqu’un pour porter quelque chose à leur place et l’enfant adopté se sent obligé et se laisse entraîner par eux.

Dans ce cas, il y a eu deux paroles décisives : que le jumeau puisse dire « merci » et que la mère puisse dire à sa fille « tout a été payé ».

La mère adoptée doit dire à ses parents adoptifs : « Je le prends de vous comme un cadeau » « merci ».
L’enfant qui prend le destin des parents se sent grand, se sent bien et ne sent pas le besoin de dire merci : beaucoup d’enfants ne veulent pas remercier leurs parents, ils leur réclament donc des choses, se sentent ainsi grands et rendent leurs parents petits.

Quand le fils dit : « Je vais en faire quelque chose, pour ton bonheur », il n’y a plus rien à faire en échange. Cela est pris par amour et donné par amour pour les autres. Il s’agit d’une autre forme de compensation et d’équilibre.

Laissez-moi vous dire quelque chose sur la dynamique de l’équilibre. Il existe un besoin profond d’équilibre. Lorsque quelque chose nous est donné, nous voulons le rendre et, dans cette mesure, nous payons pour ce cadeau.
Cela est ainsi dans l’amour entre l’homme et la femme. L’un donne et l’autre donne quelque chose en retour, un peu plus, par amour, et c’est ainsi que l’amour entre l’homme et la femme grandit.

L’équilibre est également nécessaire lorsqu’un mal est fait, mais dans ce cas, il faut en rendre un peu moins. Pardonner ne fait qu’empirer les choses. Il faut laisser faire, faire comme si tu ne t’en es pas rendu compte. Donc chacun permet à l’autre 10 péchés. C’est cela fermer les yeux sur un tort. Et ainsi, après le conflit vient la paix.

Ce qui conduit au grand conflit et en même temps à la grande paix, cette haine soudaine, naît du besoin de survie. Lorsque les gens vivaient en petits groupes de 50 personnes maximum, pour ne pas être tués par les autres groupes, ils essayaient de tuer les premiers. Nous attaquons donc pour ne pas être tués, c’est l’instinct de survie, de protection.

Quand il n’y a pas de pouvoir établi, l’instinct de protection prend le dessus, quand les ordres de l’amour ont été détruits. Les lois nous protègent du désir de nous protéger les uns les autres. C’est ce qui se passe par exemple avec la presse, avec laquelle certaines personnes font sortir leur instinct de protection et n’ont donc pas à être condamnées.

Franco a protégé tout le monde de l’instinct de destruction, parce qu’il a finalement obtenu l’ordre. C’est un grand triomphe pour l’Espagne.

Lors des conquêtes, l’instinct de destruction s’exprime également. Et cet instinct s’exprime également dans la moralité. Sous le manteau de l’amour du christianisme, apparaît aussi cet instinct de destruction. Beaucoup ont été détruits parce que beaucoup se sont placés au-dessus d’eux.
Nous nous plaçons au-dessus de cet instinct lorsque nous désirons le meilleur pour tous, et lorsque nous prenons chaque chose comme elle est, en accord avec les mouvements de l’esprit.

Cas 10
Participant : femme avec deux filles qui ont été abusées par son frère, l’oncle des filles.

Hellinger choisit des représentants pour la femme et son frère et pour les deux filles.
Le frère est sur le sol comme un fœtus et sa sœur tourne autour de lui.
L’aînée des filles de la femme met ses mains sur sa poitrine et se détourne pour protéger la plus jeune. La mère les regarde.

Hellinger soulève le frère et le retourne sur le dos. Maintenant, la mère et ses filles peuvent s’embrasser. Mais la fille aînée va vers l’oncle, se place derrière lui et le touche. Elle le tient et attire sa mère pour qu’elle touche son frère. Lui se libère et s’en va. Sa main droite est croisée sur sa poitrine, jusqu’à son épaule et il regarde le sol, se touche la tête.

Une autre femme sort et tend son bras droit. La fille aînée pleure.
Le frère représente un enfant qui s’est donné. La femme se tourne et regarde le sol.

Hellinger amène le frère devant cette femme. Elle ouvre ses bras et l’embrasse. Un autre homme derrière la femme les embrasse tous les deux. Les deux embrassent le frère et la femme caresse l’homme. Il est le fils d’un autre homme, non pas du mari de la femme, mais de son amant.

L’inceste a des raisons très étranges.

En Russie, j’ai vu le cas d’un homme qui avait été abusé par son père dans son enfance. J’ai pris un représentant pour eux et les ai confrontés. Le père a montré beaucoup de colère et ses mains étaient serrées. Le fils aussi. Ils étaient tous les deux dans une intrication. Le fils a dit « Cher papa ». Alors, ils se sont embrassés profondément.

Dans notre cas, c’est la mère qui a cherché l’inceste avec son frère et sa fille l’a empêché en aimant l’oncle. L’inceste entre frères et sœurs était au service du maintien de l’ordre dans la famille.

Au Brésil, j’ai vu le cas d’un homme ayant des tendances pédophiles. Son représentant croisait ses pieds vers l’intérieur, comme s’il représentait une personne handicapée. J’ai donc mis la personne handicapée en face de lui et l’homme a ressenti un grand amour pour elle. Ainsi, ses tendances pédophiles représentaient son amour intense pour l’enfant handicapé, probablement abandonné ou donné à quelqu’un.

Tout est mû par les mouvements de l’esprit.

Cas personnels

Cas 1
Client : homme atteint d’un cancer des testicules.
Il vient avec sa femme. Ils n’ont pas d’enfants.

L’homme est placé en face d’une femme qui représente la mort. L’homme serre les poings et les presse. Il se retourne. Elle le cherche, a un regard doux sur son visage et sourit. L’homme ne veut pas la regarder et détourne le regard. Maintenant, il s’accroupit et se couvre les oreilles.

Cette femme est en réalité sa mère. L’homme ne la prend pas.
Au bout d’un moment, il la regarde et elle pleure. L’homme se lève et se retourne à nouveau. Il regarde le sol. Cette femme représente également la vie. L’homme la repousse. Elle attrape sa main et la tient.

Cet homme se sent au-dessus de sa mère, met ses bras autour des épaules de la femme.
Le fils dit à sa mère : « Je préfère mourir ».

C’est la fin de l’histoire.

Nous avons observé plusieurs choses : l’homme est complètement séparé de sa mère et se sent au-dessus d’elle.

J’ai observé chez certains malades du cancer qu’ils disent à leur mère : « Je préfère mourir plutôt que de t’honorer » et c’est là que réside leur triomphe. Mais le triomphe sur la mère a un prix élevé, celui de la vie.

Avec une personne gravement malade, il est parfois utile d’imaginer que sa mort se tient presque devant nous, à une certaine distance, et nous lui demandons une indication.

La maladie est aimée par l’esprit et est à son service pour quelque chose de bon. Elle est au service de l’amour.

Cas 2
Client : Femme atteinte de leucémie.

Hellinger fait sortir un représentant de la maladie et fait sortir le client et le confronte.
La femme lève lentement les bras vers la maladie dans un geste d’appel.
La femme dit à sa maladie : « J’arrive ».

Encore une fois, la maladie est la mère. Mais la femme malade dit : « Je préfère mourir que d’aller vers elle ».

Mourir est plus facile que vivre.

Ce type de travail exige de nous certaines choses, uniquement en apparence. Si nous restons dans l’amour de la mère, c’est très simple.
Nous devons d’abord être capables de ressentir de l’amour pour notre propre mère et lui donner une place dans notre cœur.

Le fait que le patient ne produise en nous aucune pitié est déjà une aide importante. Il est interdit de parler de la maladie. Éviter à quelqu’un de nous parler de sa maladie nous rend heureux, et lui aussi.

Je vais vous raconter quelle doit être l’attitude thérapeutique.

L’empathie est la fin de toute possibilité d’aide. L’empathie implique une relation avec le client, de mère à enfant.
De cette façon, le client devient petit et le thérapeute est au-dessus de lui. Ainsi, le client a le contrôle et le thérapeute est un enfant. Cela crée chez le thérapeute la peur de ne pas réussir et le client va montrer au thérapeute de façon répétée qu’il va échouer.
Le thérapeute craint que le patient n’abandonne ou n’arrête la thérapie.

Cette relation thérapeutique est la fin de l’aide. Il s’agit d’une prostitution thérapeutique, le client met le thérapeute à son service et en plus dit : « Je vous paie ».

La façon de travailler est d’être dans l’esprit.

Je reste en moi-même et je permets au client de rester en lui-même. Nous devons résister à la tentative du client de nous pousser à la compassion. On ne lui permet pas de raconter quoi que ce soit, on le constelle. Nous ne nous préoccupons pas non plus de savoir comment le client se sent ou comment il va. La personne est donc libre vis-à-vis du thérapeute et n’est pas obligée de lui dire quoi que ce soit.

Il s’agit d’une relation d’action et cela montre au thérapeute ce qu’il peut ou doit dire au client, et il en ressort quelque chose qui peut aider le client. Le thérapeute reste à la place la plus basse. Il sert, en accord avec l’esprit, et n’avance que dans la mesure où l’esprit le permet. Il dit ce qu’il a à dire et puis il oublie. On peut alors vivre confortablement sans avoir à s’inquiéter. Le client se sentira bien, honoré et indépendant.

Le thérapeute est en connexion, ne demande pas, et puis une impression apparaît. Parfois, le thérapeute dit : « s’il te plaît ».

Il est très important de commencer la constellation avec la bonne personne.

Lorsque quelqu’un tourne en rond, c’est parce qu’il se sent coupable de quelque chose de très lourd, qui peut être le sien ou celui d’un autre.

Si le thérapeute ne peut pas continuer, il attend et dit intérieurement : « s’il te plaît ».
Les phrases ne sont pas entendues, elles sont connues et on sait aussi que le représentant doit les dire.

Le thérapeute a confiance dans le fait qu’il sera guidé. Comme ça, pas à pas.

La compassion pour un patient correspond à : « Je meurs à ta place ».

Lorsqu’un enfant s’inquiète pour sa mère, c’est la même situation : « Moi à ta place ».

Le mot folie en allemand indique quelque chose mis hors de sa bonne place, hors de son ordre, hors de sa place. Cela est similaire à désordonné.

Hellinger évite de regarder le client pendant la constellation, il le laisse avec lui-même pour qu’il se sente en sécurité. Il le ressent plus profondément s’il ne le regarde pas. Et alors le client n’a pas peur et ne se sent pas exigé.

La toxicomanie est très facile à gérer. C’est un travail pour les hommes ; en principe, les femmes ne peuvent pas travailler avec les toxicomanes. Le toxicomane est quelqu’un à qui il manque quelque chose et généralement c’est le père. La mère est séparée du père et s’interpose entre le père et le fils et empêche le fils de se rapprocher de son père.
Le rétablissement de la relation avec les parents ne nécessite que trois mots, qui par ailleurs servent pour tous les cas, les trois mots qui résument cette thérapie :
MERCI
S’IL TE PLAÎT
OUI

Dans les relations de couple, l’ordre est différent :
OUI
S’IL TE PLAÎT
MERCI

Cas 3
Client : homme âgé avec des problèmes cardiaques, avec un système nerveux et circulatoire altérés.

Celui qui a de l’espoir, qu’a-t-il? Avec l’espoir, on se déconnecte de la réalité et du présent, en se donnant plus de temps qu’on en a.

Hellinger fait apparaître un représentant de l’homme. Il pose une main sur sa poitrine et regarde le sol, légèrement penché en avant, la tête basse. Bras gauche pendant, légèrement incliné sur le côté gauche.

Il place deux morts devant R, un homme et une femme. R. regarde l’homme mort. Le mort ne le regarde pas.
Il fait sortir une femme pour représenter le cœur de R.

R se penche et embrasse la femme morte qui se met à trembler.
L’homme mort se détourne et a les bras croisés et se couvre les mains.

Le cœur se balance et tend les bras, on dirait qu’il berce un enfant.
Ses yeux sont fermés, indiquant qu’il est fermé à quelqu’un qu’il devrait aimer.

R regarde son cœur et dit : « s’il te plaît ».
Puis le cœur se met à trembler et à pleurer et regarde R et ils se balancent tous les deux en même temps. Puis il ouvre ses bras avec amour et dit à R de partir. Il s’approche en souriant.
Le mort se lève, s’assoit et regarde ça.
R se lève, caresse la morte et regarde son cœur. Il reste à genoux et tend les bras vers son cœur. R touche son cœur et l’embrasse et touche la femme morte. L’homme mort est sorti maintenant. Le cœur pleure de chagrin, les trois s’agenouillent et s’embrassent.

Le mort qui regarde ailleurs dit au cœur : « S’il te plaît ». Puis le cœur l’appelle et les deux se font face. R et la femme regardent cela pendant un moment. Le cœur ouvre ses mains à l’homme mort et dit : « enfin ».

Lentement, ils s’approchent et le cœur embrasse l’homme. R et la femme se lèvent et regardent ceci et se regardent l’un l’autre. Les deux hommes, R et le mort, se touchent.
Finalement, les deux hommes s’embrassent, tandis que les deux femmes tournent lentement autour, les bras tendus, en bénissant ceci, en l’embrassant.

Lorsque le client descend de la scène, il est heureux, embrasse ceux qui l’aident à descendre et salue tout le monde avec enthousiasme et joie.

Maintenant, il a son cœur en lui. Maintenant, il a l’amour. Son cœur peut battre calmement parce qu’il est en paix et que personne n’est exclu.

Cas 4
Client : jeune femme qui veut mourir.
Ses yeux sont fermés.

H : il n’y a rien de grave à vouloir mourir.
Elle ne sait pas quel est son problème. Elle ne peut pas le nommer. Mais elle sait qu’elle l’a.
Il la place et elle commence à bouger comme si elle dansait.
Elle danse avec la mort, elle joue avec la mort. Elle n’est pas centrée, alors Hellinger la fait se rassoir et amène une représentante.

La R sort, tremble, se tourne, tend les bras et pousse quelque chose loin d’elle.
Il y a une personne morte qui l’attire et elle résiste.
Hellinger place un homme mort devant elle. Finalement, elle se met sur lui et le serre dans ses bras. Un autre homme se tient devant et les regarde, il est l’agresseur.

Les mouvements de l’esprit unissent ce qui est séparé. Ce sont des mouvements d’amour. Et c’est bien.
Les détails ne nous intéressent pas et peuvent nous rester cachés.

Cas 5
Client : femme mère d’un fils qui ne veut pas vivre.

Elle va très bien, et elle est comme ça parce que son fils va mal.
Elle dit à son fils : « Grâce à toi, je reste en vie ».
Maintenant, elle dit à une autre personne (mère, père…) : « grâce à lui, vous aussi pouvez rester en vie ».

Après l’âge de vingt ans, un parent ne doit pas s’inquiéter pour son enfant, car s’inquiéter affaiblit cet enfant.

Il choisit un représentant pour la mère et un autre pour le fils.

Il est immédiatement clair que le fils est dans la mort et que la mère est schizophrène. H fait sortir un représentant pour la grand-mère. Le fils meurt pour elle.
Hellinger sort le fils de là.
La mère dit maintenant au fils : « Maintenant, pour moi, tu es déjà libre ».

Cas 6
Client : un jeune homme qui dit ressentir une rage furieuse.
La rage furibonde est uniquement celle d’un enfant ; les adultes y font face, ils en parlent. Une personne en colère est quelqu’un qui ne veut pas agir.

H : D’où vient la colère des enfants ? De la déception.

H : Que t’est-il arrivé quand tu étais enfant ?
C : Je ne me suis pas senti aimé

H : Qu’est-ce que ça veut dire ? Que s’est-il passé ?
C : Je me suis senti rejeté.

H : As-tu des frères et sœurs ?
C : Oui 4, je suis le dernier.

H : Dis à tes frères et sœurs :  » Je suis le petit « ,  » Je suis arrivé en dernier « .
H : Comment te sens-tu maintenant ?
C : Petit et me protégeant.

H : Dis aux autres :  » c’est ma place et je reste à ma place « .
H : Que font tes frères ?
C : Ils me protègent.

Hellinger fait sortir trois femmes représentant les sœurs aînées et un homme pour le quatrième et le client se lève et prend la cinquième place.

Peu à peu, d’autres frères et sœurs apparaissent, jusqu’à treize. Il y a trois paires de jumeaux, une de la troisième fille vivante et une du quatrième garçon vivant.

Les enfants agressifs sont agressifs parce qu’ils ne se sentent pas à leur place. La place juste est importante pour chacun d’entre eux.
Maintenant, le client se sent surpris et en effet, sa colère a disparu.

Qu’y a-t-il à dire à une personne morte ?
« Tu as une place dans mon cœur »
« Tu peux rester avec moi »
« Après un moment, je m’en irai aussi »
« Mais maintenant je reste en vie pour un moment. »
Et puis l’on se tourne dans une autre direction.

Le mort non reconnu, que personne ne regarde, attend que quelqu’un le regarde avec amour. Lorsque cela se produit, le mort trouve la paix, il peut fermer les yeux et se reposer.
Dire à la force qui a maintenu la vie jusqu’à présent : « Merci, maintenant je la tiens avec force, avec amour ».

Cas 7
Client : une femme qui n’a pas envie de vivre.
Elle dit de sa chaise : « Je m’en vais ».

Puis elle se penche sur sa chaise et se met à pleurer.
Hellinger place devant elle le représentant d’un mort, puis elle s’allonge avec le mort et ils s’embrassent.
Au bout d’un moment, elle dit à la personne morte : « merci » et se lève enfin.

Ça s’arrête là.

Souvent, les morts ne trouvent le repos que lorsqu’on leur dit « merci » avec amour et alors on peut aussi rester en vie. Le merci conduit à un bonheur qui demeure et qui nous libère.

Cas 8
La cliente a le cœur qui tremble.

H : ton cœur dit un mot, laisse-le dire un mot : « s’il te plaît » « s’il te plaît maman ».
Puis la jeune femme s’allonge sur la poitrine d’Hellinger et il la tient ainsi pendant un moment.

Lorsque les enfants ne peuvent pas aller vers leur mère, nous pouvons les soutenir. C’est la contention. Les enfants qui vont et viennent d’une manière impatiente, c’est parce qu’ils ont vécu un mouvement interrompu, ils ont été séparés de leur mère pendant un temps dans leur enfance, parfois à cause d’une maladie ou d’un accident.
La solution consiste à ce que la mère prenne l’enfant sur ses genoux et le tienne fermement. L’enfant ne le permet pas et crie et donne des coups de pied. Parfois, l’aide du père est nécessaire pour retenir l’enfant de cette manière. L’enfant finira par se calmer et ce sera terminé.
Les personnes qui gardent leurs distances, qui ne nous permettent pas de les approcher souffrent d’un mouvement interrompu.

Cas 9
Client : une femme qui dit que son problème est qu’elle veut travailler.

H : Ah, tu es l’une de celles-là. Tu dis : « moi, je ne vais rien faire, c’est toi qui va travailler ».
Mais je ne vais pas le faire.
Tu peux aller t’assoir.

Elle dit aussi ça à sa mère. La façon dont les gens se comportent avec moi, est la façon dont ils se comportent avec leur propre mère.

Cas 10
Client : Une femme qui dit avoir peur de la solitude.

Elle a eu deux divorces. Elle a cinq enfants, trois de son premier partenaire et deux de son second, âgés de 34, 28, 25, 14 et 12 ans.

H : Tu as eu une vie bien remplie, une vie bien pleine.
Il prend la femme et un représentant pour chacun de ses deux partenaires.
La femme a les bras croisés et semble en colère, elle n’accueille pas les partenaires.

Hellinger place une représentante pour une femme morte, au milieu.
Le premier homme se détourne et s’éloigne. La femme morte commence à trembler. La femme respire difficilement.
La femme dit à la morte : « Je ne veux pas de toi » « Je veux me débarrasser de toi » et dit au deuxième homme : « Je veux me débarrasser d’elle ».
La femme garde ses mains dans ses poches.

Après un moment, la femme et le deuxième homme prennent la femme morte et s’agenouillent à côté d’elle.

Cas 11
Client : Un homme……

Hellinger lui dit : Dis « Je te tue » et laisse agir cette phrase sans porter de jugement.

H : des phrases comme celles-ci remuent parfois la personne et font peur.
Nous devons voir si elles proviennent du client ou d’autres personnes auxquelles il est lié.

Il s’agit de la guerre civile espagnole. Il y a beaucoup de morts, tous espagnols, enfants de la même mère, qui pleure pour tout le monde.

Dans la mort, tout est réconcilié. C’est très grand.
Que fait-on avec ça ?

Ces guerres civiles restent agissantes dans l’âme de ceux qui viennent après, et de cette façon, la guerre ne se termine pas. C’est pourquoi nous avons des pensées meurtrières. Ceux qui ont perdu la guerre pensent encore à la gagner et les descendants y réfléchissent pour voir ce qu’ils peuvent en faire. Des pensées comme « Je vais te tuer » viennent de là. Ils n’ont rien à voir avec le client.

Cas 12
Une cliente avec des problèmes

Une vie sans problèmes est très difficile à supporter. Certaines personnes ont l’idée que les personnes malheureuses sont aimées de Dieu. Surtout, le malheur est très bon marché, il ne coûte rien, il vient tout seul, sans aucun effort de notre part. La vie comme ça est confortable, pourquoi ? Parce que les malheureux n’ont pas besoin d’aimer quiconque.

H : ferme les yeux. Je vais te donner une phrase pour le chemin, guérisseuse : « Maintenant, je vais commencer avec cela ».
La femme se lève, ferme les yeux et dit : « maintenant je suis là pour vous tous ».

La femme se sent plus forte après un certain temps.

Avec cette façon de travailler, au début, c’est très simple. De très petits mouvements d’action ont lieu, et soudain tout se transforme.

Le secret du bonheur c’est de souhaiter les meilleurs vœux à tout le monde. Là où les meilleurs vœux restent, il y a du bonheur. C’est le ciel sur terre.

Je vous souhaite le meilleur à tous.

Toutes les lois naturelles sont une pensée qui se répète.
Nous devons travailler sur la patience, ne pas intervenir par impulsion. Au bon moment, le bon regard apparaît. Mais généralement, ce regard juste apparaît un peu plus tard.

L’esprit est comme la musique des sphères. La musique ne peut être définie, pas plus que l’esprit, elle ne peut être que ressentie, vécue.

Lorsque des images apparaissent, elles sont de l’âme, il n’y a pas d’images de l’Esprit. Les images ne sont donc pas rationnelles, appréhendées par la raison.
Il existe un ordre inversé dans lequel les arrivés plus tardivement devront passer avant les plus anciens. Lorsque quelqu’un se marie, la nouvelle famille passe avant la famille d’origine.

Entre deux systèmes, le nouveau système a toujours la priorité sur l’ancien.
Lorsqu’une personne se sépare et se remarie, le nouveau système passe avant l’ancien, mais s’il y avait des enfants de la première relation, ils passeront avant le nouveau partenaire.
Si la deuxième relation a un enfant, c’est à nouveau un autre système.

Où se dirige notre plénitude ?
La plénitude est liée à l’esprit. Nous ne faisons plus qu’un avec son expérience et son savoir. C’est une expérience mystique.

Que fait Dieu ? Dieu pense et l’unité avec Dieu est : « Je trouve le chemin pour penser comme lui » et nous atteignons la plénitude lorsque nous devenons la pensée de Dieu, lorsque nous sommes un avec la pensée de Dieu. C’est du mysticisme, sans idées religieuses. Déjà Aristote disait :  » L’esprit est derrière tout, la pensée, c’est la pensée pure « . La plénitude est d’être un avec la Pensée Pure.

Cas 13
Client : Une femme dont le frère aîné a disparu il y a 22 ans, croit qu’il a été assassiné. La sœur qui suit ce frère a fait une tentative de suicide et est schizophrène.

H : Sais-tu qui tu es ?

H : en ce moment, Dieu t’ a abandonné parce qu’en ce moment, tu as du ressentiment.
Tout va bien, quel que soit le destin de chacun.

Hellinger place un représentant pour la sœur et un pour le frère disparu, et les place face à face. La sœur tremble et s’approche du frère. Le frère dit : « Je suis en paix » « Je vais très bien ».

La sœur se calme et ils s’embrassent. La cliente se lève et les trois s’embrassent. Le frère dit : « laissez-moi reposer en paix ».
C’est une constellation de l’esprit. Tout est enveloppé dans quelque chose de plus grand.

Cas 14
La cliente : est la mère d’une femme de 35 ans souffrant de troubles bipolaires.

Si la fille allait mieux, la mère irait moins bien.
La fille fait quelque chose pour sa mère et pour la famille.
Maniaque signifie ne pas regarder, regarder par-dessus. Dépressif signifie regarder ce qui est là.
Qu’est-ce qu’une famille, dont un membre est maniaco-dépressif, ne veut pas regarder? Une personne morte.

Hellinger fait sortir un représentant de la fille. Elle regarde une personne morte et se penche sur la gauche.
Il fait aussi sortir un homme. Le mort crie beaucoup. Il s’agit d’un enfant sacrifié. L’homme s’allonge finalement à côté du mort. C’est le docteur.

La maniaco-dépression est très souvent liée à un meurtre. Elle indique la peur de regarder ce qui est là, de regarder à l’extérieur. Dans la phase maniaque, la personne veut se suicider, veut partir. Le maniaque est hors de la vie, au-dessus d’elle.

Cas 15
Client : un homme qui dit se sentir rejeté par sa famille.

Il est homosexuel.

Hellinger prend quelqu’un pour son père et sa mère. Il les place face à face. Le père regarde le sol. Une femme morte est placée devant lui. Le père montre ses poings serrés, les remet en place, puis comme s’il prenait un couteau, avec beaucoup de rage, il assassine. La mère se détourne, elle ne veut pas voir.

Le fils homosexuel porte amoureusement la femme et le père, victime et bourreau.
Le fils dit à son père : « Cher papa » « Je l’aime et je la porte dans mon cœur » et le père le lâche.

Maintenant il dit à la femme : « Je te porte avec amour ».
Maintenant, il dit à sa mère : « Je la porte avec amour ».

C’est un meurtre secret. Le garçon représente la femme et aussi son père.
Le garçon a quatre frères plus âgés et une sœur plus jeune.

Hellinger lui explique qu’il était nécessaire que quelqu’un représente la femme assassinée, et que la sœur est arrivée trop tard. C’est pour ça que lui l’a fait et qu’il est homosexuel. Il lui explique qu’avec son homosexualité, il est fidèle à l’esprit, que son destin est difficile et qu’il a beaucoup de dignité. Il y a de nombreuses motifs derrière l’homosexualité.

Je vais vous raconter une histoire :

Un bourdon volait vers les fleurs d’un cerisier et a sucé le nectar d’une de ces fleurs. Il s’est senti rassasié et s’est envolé, puis il a commencé à avoir de mauvais sentiments, il a pensé qu’il n’avait rien donné en échange de la nourriture et il s’est demandé, que dois-je faire pour remercier la fleur de cerisier ?

Il n’arrivait pas à se décider et de nombreuses semaines et mois passèrent. Finalement, il décide de retourner au cerisier pour chercher la fleur qu’il a sucée et quand il atteint l’arbre, la fleur a disparu. A sa place se trouvait une cerise très rouge et le bourdon devint triste.
C’est alors qu’il sentit un arôme délicieux dans son nez et c’est avec grand plaisir qu’il s’élança dans une nouvelle aventure.

Cas 16
Client : c’est une fille sourde, qui porte des appareils auditifs.

Prenons une femme pour représenter son oreille gauche et un homme pour son oreille droite. Hellinger place la fille entre les deux. La femme montre de la peur, refuse et repousse quelque chose, se bouche les oreilles, ne veut pas entendre. Elle tremble et sanglote, devient angoissée et désespérée. L’homme est en face d’elle.

Hellinger fait sortir la fille de la scène, et confronte l’homme et la femme. Il y a un homme mort entre eux, et finalement ils se penchent tous les deux sur l’homme mort.

Hellinger rappelle la fille vers la scène et elle dit : « Je porte votre secret ». Puis la fille se retourne et s’en va.

Hellinger lui dit d’enlever ses appareils auditifs et lui demande si elle peut l’entendre, ce à quoi elle répond par l’affirmative.

A quoi sert ce travail ?

Comprendre les fonctions de la connaissance, les dimensions de la conscience.

Pour moi, les fonctions de la conscience sont la base de ce travail. Lorsque j’ai compris ce que signifiait la conscience, je ne réalisais pas encore la dimension de cette connaissance. Elle rend possibles des solutions auparavant impensables. Elle nous conduit sur un chemin de connaissance et de compréhension jusque-là bloqué.

Cette compréhension m’a pris six ans. Pendant cette période, j’ai observé ce qui se passait en moi lorsque je pensais à la conscience, ou lorsque j’agissais en fonction de celle-ci, ou encore lorsque je me sentais innocent ou coupable. J’ai également observé ce qui se passait chez les autres.

Quelles sont les conséquences lorsque quelqu’un dit : « Je suis ma conscience » ?

Tout ce qui est néfaste est fait avec bonne conscience. Toute agression, toute guerre, tout rejet, vient de la bonne conscience. La bonne conscience nous empêche de percevoir. Elle nous dicte ce que nous pouvons voir et percevoir et ce que nous ne pouvons pas, et nous rend ainsi aveugles.

La bonne conscience a rendu tous les philosophes aveugles. Kant ne comprenait pas ce que signifie la conscience et l’Église non plus, et l’Église est allée si loin qu’elle en est venue à considérer la bonne conscience comme la voix de Dieu.

Que fait quelqu’un qui suit sa conscience ? Il rejette et agit contre une autre personne.

Quand une personne dit : « Je dois suivre ma conscience », elle agit toujours contre quelqu’un. Les parents qui suivent leur conscience, agissent contre leurs enfants.

Avez-vous déjà rencontré quelqu’un qui fait quelque chose de bien en suivant sa conscience ?
Quelqu’un a-t-il déjà dit « Je t’aime parce que je suis ma conscience » ?
Les personnes qui suivent leur conscience croient qu’elles sont les seules à avoir raison, parce qu’elles suivent la voix de Dieu en leur for intérieur. Et elles ignorent que ceux qui agissent comme elles ont aussi une bonne conscience.

La conscience nous lie à notre famille et, en même temps, nous sépare de tous les autres. C’est pourquoi on ne peut pas aimer quelqu’un de différent si ce n’est avec une mauvaise conscience. Seuls ceux qui vont au-delà des limites de leur propre conscience peuvent vraiment aimer quelqu’un d’autre.

Jésus a dit : « Ayez pitié comme mon Père qui est dans les cieux, qui fait lever le soleil sur les bons et les mauvais, sur tous les semblables, et fait tomber la pluie sur les justes et les injustes ».

Cela est l’amour de l’esprit, et qu’en a fait le christianisme ? Ce qu’ils ont fait à Jésus, et en son nom ils ont tué des millions de personnes et disent qu’il viendra comme juge et enverra certains au paradis éternel et d’autres en enfer éternel. C’est terrible. Mais ils suivent leur conscience. C’est de cette conscience que naissent ces terribles images de Dieu.

Peut-on pécher contre l’esprit ? Ce sont les mouvements de l’esprit qui conduisent au péché.
Quelqu’un peut-il en être coupable ? L’esprit le rend coupable.

Ce que nous rejetons est lié au développement de notre conscience. Là où le mal s’arrête, le bien s’arrête. Les deux ne peuvent exister séparément.
Lorsque nous suivons les mouvements de l’esprit, nous suivons ces mouvements là où ils nous mènent. C’est être en harmonie avec l’esprit.

Comment pouvons-nous dépasser cette distinction entre le mauvais et le bon ?

En nous mettant au diapason les uns des autres, en suivant le mouvement de l’esprit. Un bon nous met au diapason de ce qu’on appelle le bien et un mauvais nous mettra en résonance avec ce qu’on appelle le mal. Et nous reconnaissons ce mouvement en nous-mêmes et c’est la fin de la conscience.

Ce n’est que lorsque nous percevons en nous le bien et le mal dans les mouvements de l’esprit que nous nous sentons entiers. Cela a une grande importance dans notre travail.

La plus grande résistance est que certains se situent en dessous, dans la conscience.

Pour dépasser les limites de la conscience, nous avons besoin d’un plus grand courage et d’une compréhension plus profonde. Sans ce courage, la distinction entre le bien et le mal demeure.

Je veux vous encourager à faire ce pas vers ce grand amour.

Le résultat sera un bonheur qui demeure.

Terminons par de la musique. La musique est quelque chose de très spécial, au-dessus du bien et du mal. C’est un mouvement de l’esprit.

Notes de María Teresa Sánchez Fernández
Traduction Monica Kunz