Tiré de « Les forces de l’amour » par Brigitte Champetier de Ribes

Je m’observe, je me sens.
Je respire par le ventre ou par le cœur, sans interruption entre l’inspiration et l’expiration, de la manière la plus naturelle possible. Ainsi je suis présent. Je suis dans l’Adulte, dans mon moi plus grand.
Je continue de regarder ce que je ressens.
Si j’observe une altération dans n’importe quelle partie de mon corps, je la localise bien et l’accueille. Je remercie ce nouveau signal et décide de rester dans l’Adulte présent, en contrôle de la respiration consciente.
Je choisis l’une de ces deux stratégies:

La première:
Depuis l’adulte présent, avec une respiration consciente, je salue l’altération et lui donne le temps et l’espace dont elle a besoin pour terminer son cycle. Je reste calme, concentrée et différenciée de la sensation. Respirer, en particulier respirer depuis le cœur, comme si les poumons étaient dans le cœur, m’aidera à ne pas être affecté. Je sais que tôt ou tard cela s’arrêtera.
L’altération me quitte avec une profonde expiration de soulagement. Parfois, une vague de culpabilité m’envahira et elle disparaîtra également, montrant avec la chaleur qui la caractérise, qu’un traumatisme très profond et très ancien s’estompe enfin. Et surtout, peu à peu, des angoisses, des tristesses et des regrets très anciens et bien connus apparaîtront, comme de très vieilles connaissances que je croyais avoir quittées à jamais et que j’avais oubliées. Il sera très important de se maintenir dans l’Adulte, avec beaucoup d’affection envers moi-même et envers ces altérations, pendant qu’elles progressent à travers le corps, et accepter que la douleur disparaisse avec une dernière douleur.
Jusqu’à ce que se produisent ces derniers soupirs libérateurs. Je laisse tout passer, sans interférer.

La deuxième:
Je me maintiens dans l’Adulte, avec une respiration consciente, et je me demande si ce qui interfère est actuel ou appartient au passé.
Si c’est actuel, je cherche ce que j’ai vécu dans les instants antérieurs à l’apparition du malaise et je le libère: pensée, décision, acte ou émotion. Lorsque l’émotion nous est connue, c’est que nous sommes dans une répétition de quelque chose de bloqué, et nous ne vivons pas une émotion primaire; nous sommes dans le drame. L’attitude adulte sera alors d’admettre que nous avions besoin de ce conflit et de sa répétition. Une vieille décision de l’enfance est encore à l’œuvre. Nous identifierons cette décision et par quelle loyauté d’amour (à qui avons-nous dit « moi comme toi »?) ou par quelle dynamique inconsciente de l’amour («moi pour toi», «moi comme toi») nous l’avons prise. Et, spontanément, nous prendrons une nouvelle décision pour notre vie.
Si elle appartient au passé, je demande si c’est le mien ou pas. Si c’est le mien, je m’ouvre avec amour à cette vieille émotion bloquée, sans besoin de l’identifier, lui permettant de finir son cycle, lui laissant tout l’espace et le temps dont elle a besoin pour conclure son parcours.
Si cela ne m’appartient pas, je peux m’adresser à quelqu’un, sans même savoir de qui il s’agit, pour l’honorer et lui dire que ce qui s’est passé est terminé. Et une de ces phrases m’aidera à revenir à ma vie: «Je te libère de moi», «Je suis moi et tu es toi», «Toi, pour toi et moi, pour moi», «Tout est payé», « Je m’autorise à être qui je suis », etc.