Bert Hellinger, Formation intensive, Allemagne, novembre 2012.

Les mères qui s’éloignent de leurs enfants

Dans certaines constellations, l’on observe que les parents (pères et mères) s’éloignent de leurs enfants, en particulier les femmes. En Allemagne, beaucoup de femmes choisissent leur carrière et leur profession plutôt que d’être avec leur enfant, et il existe de nombreuses lois qui encouragent cela. Et où est l’origine de tout cela ? Ce sont les femmes qui le promeuvent.

Les enfants sont alors laissés seuls et cela se voit. Les femmes recherchent le « paradis » au sens de la réussite professionnelle, et cela passe avant tout, cela a la priorité sur les enfants, et les hommes sont entraînés dans cette voie. Dans la dernière constellation, nous avons vu une fille qui n’était pas prise en charge par ses parents parce que sa mère donnait la priorité à sa carrière, et cette fille a réussi à grandir et à devenir adulte malgré ces conditions.

Mais le mouvement qui se manifeste en nous est pour moi une image terrible à tous égards. Je parle de ces mouvements de substitution via Internet, les ordinateurs, les jeux. Nous n’avons aucune idée des conséquences que cela peut avoir. Qui peut changer quelque chose ici ? Seuls les parents, seuls les pères. Ce que je vois souvent dans les constellations, c’est que les pères sont connectés à la terre et à la vie. Les mères vont vers le haut, vers le ciel, et séparent leurs enfants à la fois du père et de la terre.

Fermez les yeux. 

Maintenant, nous regardons notre père.

A-t-il une place en nous ? Lui permettons-nous d’avoir une place dans notre corps et dans notre âme ? Devons-nous vivre sans sa force ? Qu’est-ce qui nous est demandé ? Qu’est-ce qui nous est demandé pour trouver le chemin vers notre père ?

Qu’est-ce qui est demandé aux mères des femmes pour rétablir le chemin de leurs enfants vers leur père ? Pour rendre cela possible ?

Et qu’est-ce qu’on demande aux pères ? Qu’est-ce qu’on leur demande pour qu’ils reprennent cette importance ? Cette présence ?

OK.

Exercice sur la relation avec le père :

Je veux vous donner l’occasion de vivre une expérience, et je vous propose d’effectuer un exercice ; je l’imagine en groupes de trois. Je vais d’abord vous le montrer ici. Un homme représente le père, une femme la mère et la personne regarde uniquement les yeux du père, même si la mère est présente. Ensuite, vous commentez ce qui s’est passé. Cela prend environ 10 minutes.

Après l’exercice.

Avez-vous acquis de nouvelles compréhensions sur la relation avec le père ?

Et que signifie cette relation avec le père, et comment la relation avec la mère exclut parfois le père ?

Avons-nous parfois peur de perdre notre mère si nous montrons à notre père qu’il est important ?

Une expérience en constellations familiales s’est déroulée ainsi : nous avons mis en place la mère, nous-mêmes et le père. Et en ajoutant un représentant pour le monde, il est alors apparu clairement que sans le père, nous perdons le contact avec la terre et avec le monde.

Sophie l’exprime autrement : avec l’accouchement, la femme a accompli l’essentiel, et une autre naissance est l’entrée dans le monde, et cette étape est franchie par le père. Et là, un enfant peut se développer pleinement, si la mère le confie au père. Et ce, dès le plus jeune âge. Le père sort alors cet enfant de la famille et lui montre le monde, et à partir de là, l’enfant acquiert les compétences nécessaires à la vie. Il devient utile.

C’est une affirmation importante pour les mères et pour le bien-être de leurs enfants s’ils ont la permission d’aller avec leur père. Et puis pour les pères, que le père puisse prendre sa place.

Et dans une constellation, cela est apparu clairement : la terre avec ses défis est représentée par le père. Le père nous relie au monde. Aujourd’hui, nous voyons se développer l’idée que le succès a la priorité sur le service à la vie, cela ne vient pas du père, cela vient des mères.

Alors nous regardons tous ensemble et nous retournons à la terre, hommes et femmes ensemble, et alors notre terre aura un avenir. Et qui m’a amené à ces réflexions ? Une femme, évidemment : Sophie.